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Archive for the ‘Chroniques’ Category

Après l’excellent « Peut-on parler de musique noire ? », le nouveau numéro de la revue Volume !, consacrée aux musiques populaires, « Sex sells… Blackness too ? » s’interroge sur la « stylisation des rapports de domination dans les cultures populaires et postcoloniales », un dossier coordonné par Malek Bouyahia, Franck Feitas et Karima Ramdani. Qu’est-ce à dire ?

volumeÀ travers des exemples empruntés au hip hop, au reggae, au rap et au R&B, des chercheurs explorent les relations de pouvoir à l’œuvre dans les représentations des chanteurs.ses, des danseurs.ses et des musiciens.nnes, dans une perspective postcoloniale. Il s’agit en fait d’étudier la manière dont des artistes noirs.es et d’origine maghrébine subvertissent et/ou reproduisent, en utilisant leur image et leur corps, une identité qui leur a été assignée, comme : « les Noires ont une sexualité débridée », ou « les Maghrébines sont musulmanes ». Comme si une femme d’origine maghrébine était nécessairement musulmane. Chaque groupe ethnique se voit imposer une identité qui repose sur des clichés, et il s’agit de voir comment, dans la culture populaire musicale, ces préjugés sont détournés et/ou confirmés (volontairement ou non). C’est tout l’enjeu de la perspective postcoloniale : réfléchir aux rapports entre « moi » (le point de vue du dominant, c’est-à-dire l’homme blanc) et « l’Autre » (le Noir, l’Arabe, etc) dans les sociétés décolonisées, le plus souvent brassées par de multiples immigrations.

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C’est rigolo c’est rigolo tout le monde fait des listes alors moi aussi.

L’année 2012 a été une année de plus où on n’a fait que bosser sans gagner plus d’argent — voire ! sans gagner d’argent du tout. Alors comme on est docile et fainéant en même temps, on écoute de la musique en élaborant une métaphysique du froid à partir du frigo vide. Bientôt les premières conclusions.

Dans ma liste il y a (sans ordre de préférence) :

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Nicolas Repac Black Box, avec des Noirs et des gens basanés qui chantent dans des langues qu’on comprend pas mais que c’est vachement beau, et que Nicolas Repac (qui est blanc) a repris tout ça et a rajouté des sons bizarres autour, derrière, par-dessus mais pas trop devant (enfin parfois si). L’autre jour j’ai entendu dire que quelqu’un avait dit que les chanteuses noires avaient une voix particulière à cause de leur palais, qui est paraît-il fait différemment de celui des Blanches. Moi je dis : chapeau ! Je veux bien aussi l’explication de pourquoi certaines musiques sont meilleures que d’autres, comme ça j’aurai plus besoin d’écrire de critiques, et je pourrai partir en vacances aux Bahamas. Bon sinon Black Box est un Élu Citizen Jazz (pour ceusses qui voudraient lire un vrai truc).

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Ways Out, le quartet de Claude Tchamitchian avec Régis Huby, Rémi Charmasson et Christophe Marguet. Arménie + électrique (alors que d’habitude il fait plutôt de l’acoustique) + rock digéré menu menu = plat chaud tout nouveau, avec accompagnement de petites larmichettes mais pas trop. Nous sommes également en présence d’un Élu (de mon cœur) Citizen Jazz, cette fois-ci rédigé par quelqu’un d’autre que moi, avec une approche différente. Un peu d’air frais quoi. En gros un violon électrique + une contrebasse jouée à l’archet + une guitare électrique + une batterie très rythmique = un fondu sonore qui souffle tout sur son passage, avec des mélodies orientalisantes et un peu tristes. Mais qu’est-ce que vous voulez, on se refait pas.

alphabet

Alphabet de Sylvain Rifflet, avec Joce Mienniel, Benjamin Flament et Philippe Giordani. Bon alors il n’y a rien à dire parce que tout a déjà été dit. Je considère que ce disque, et le suivant, renouvellent radicalement le langage improvisé en le mélangeant de manière inédite avec des éléments rock tels que le refrain, le jeu d’ensemble ou la rythmique, et que tout ce joyeux bordel est la musique de demain, c’est-à-dire en fait, si vous suivez bien, la musique d’aujourd’hui. Oui Madame ! J’en ai déjà parlé sur ce blog ici, et Citizen Jazz lui a également fait une déclaration amoureuse.

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Paris Short Stories de Joce Mienniel (il s’appelle Jocelyn en fait) avec Eve Risser, Philippe Giordani, Sylvain Rifflet, Aymeric Avice, Vincent Lafont et Antonin Rayon. Pareil que le précédent, à ceci près que musicalement, ça n’a rien à voir. Alors que Alphabet travaille sur la constitution d’un son collectif de groupe, celui-ci, dans le son collectif, cherche l’état de grâce poétique dans la nuance et l’infime. Les aplats électroniques ne sont plus au service du rythme mais de la sensation. J’ai tout expliqué dans la chronique et l’entretien de Joce Mienniel pour le jazz citoyen, et, oh surprise, je lui ai, à lui aussi, à eux tous, déclaré ma flamme.

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Bitter Sweets de Élise Caron et Edward Perraud, le duo chant/batterie le plus drôle, le plus excitant, le plus insolite, le plus bizarre, le plus free, le plus chantant, le plus rigolo, le plus émerveillé, le plus décalé, le plus énergique, le plus comique, le plus riche que vous ayez jamais entendu. C’est normal, on n’entend jamais de duo voix/batterie. Eh bien, c’est l’occasion ! Pour lire la vraie chronique, c’est . Je ne saurais trop vous conseiller d’aller les voir et les écouter en concert, ils sont magiques. Et eux au moins ils font une pochette avec des couleurs chaudes et des vaches. Et ça c’est cool.

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Collage venu d’on ne sait où, cette Marguerite pioche là où elle en a envie, sans se soucier du reste. Jazz, free jazz, pop, rock, farce (sérieuse), cirque, chanson, bruitisme… Le W.A.C. « réunit musiciens, sportifs internationaux, hôtesses de l’air, barbus en cuir autour d’un grand projet : sauver le monde de la défaite ! ».

« Chevaux insolites : le mulet.
Cheval de parade, cheval de voltige.
Cheval aux pieds mouchetés, Lipizzan, Genet d’Espagne : un quartet. »

Un homme explique à son neveu le fonctionnement d’un jeu de cartes chevalin : le monologue ouvre le deuxième disque du Woland Athletic Club, Marguerite, sorti chez Carton records au printemps 2012. Etrange introduction pour un groupe qui l’est tout autant : Nicolas Stephan (voix, saxophone, glockenspiel, petite batterie), Antonin Rayon (orgue Hammond B3, clavinet, vieux glockenspiel en bois, chœur), Sébastien Brun (batterie, claviers, électronique, petite voix) et Anne-Sophie Arnaud aux excentricités corporelles et/ou acte théâtral.

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Un vieux manteau de cuir, une guitare dans son étui, des billets de banques étrangères collés sur le corps et une broussaille aveugle et nuageuse : voici l’invitation au voyage de Pierre Durand.

Américains, surtout, les billets de banque. Nouvelle-Orléans, Louisiane. Ou l’histoire d’un retour aux sources du jazz, pour voir. Pour entendre. Pour s’entendre raconter, et raconter à son tour. Parce que finalement, le jazz dont il est ici question est très loin du New Orleans, mais emprunte au style ses principales qualités : spontanéité, improvisation, sincérité. Pas de trompette ou de fanfare, juste une guitare, un ticket de métro (entre les cordes sur « Emigré ») et deux blues, « When I Grow Too Old To Dream » et « Jesus Just Left Chicago », chanté par Pierre Durand lui-même. Et aussi un chœur « Au bord » : John Boute, Nicholas Payton et Cornell Williams ont prêté leur voix à cet album qui navigue en eaux troubles entre folk et improvisation. Le mélange rappelle le solo de guitare Folk Standards de Pascal Maupeu, sorti sur le label Sans bruit. Mais le résultat diffère car, aux chansons mélodiques de la folk Pierre Durand ajoute le travail du son pour ses aspérités.

Leader du Roots Quartet avec Hugues Mayot, Guido Zorn et Joe Quitzke, Pierre Durand sort là son premier disque en solo chez Les disques de Lily. Guitare-percussion, bruitage, détournement… il revendique une démarche de recherche, avec les trouvailles plus ou moins heureuses qui vont avec. Effectivement, on bifurque souvent avec lui entre les fourrés, on contourne des marais et on saute par-dessus des rivières. Pourtant, on est étonné par la pureté du son, y compris du grain parfois volontairement un peu râpeux. Les quelques morceaux où la guitare se démultiplie grâce au re-recording sont très élégants et produits avec beaucoup de soin. Surtout, on est impressionné par la tenue des lignes, par la conduite ferme de l’aventure. Peut-être est-ce parce que, une fois que l’on sait d’où l’on vient, même si on ne sait pas où on va, c’est plus facile d’y aller.

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Ce lundi sur Citizen Jazz, un portrait de Joce Mienniel et la chronique de son dernier disque, Paris Short Stories. Si vous ne connaissez pas ce poète de la flûte, arrêtez tout et écoutez. C’est un ordre.

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« Il n’y a pas eu de répétitions, l’enregistrement s’est déroulé en une journée et les musiciens n’avaient jamais joué ensemble. » Seconde parution du label de Joce Mienniel, Drugstore Malone, Paris Short Stories est constitué de 9 reprises + 1, « Box 25/4 Lid » de Soft Machine, interprétée par chacun des trois trios de l’album :
1. Aymeric Avice + Sylvain Rifflet + Joce Mienniel
2. Vincent Lafont + Antonin Rayon + Joce Mienniel
3. Eve Risser + Philippe Gordiani + Joce Mienniel.

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Je passais dix années dans une étrange république.
Un jour j’ouvris les yeux et je me vis. Mon visage était laid. J’avais le rire faux, l’âme neurasthénique. Une main m’empoignait la poitrine, et la tordait. Ma vie, je la portais comme on porte un sac.
Je sus qu’il fallait fuir.
Je pris des autoroutes. Je traversai des mers, des fleuves et quatre continents. J’avançais vite et sans me retourner. Comme on s’évade après un meurtre. Parfois, je fus tentée de renoncer à ce voyage et revenir à mon sommeil abject. Mais jamais, cependant, je ne relâchais mon rythme. je voulais m’écarter d’un pays où les hommes s’éteignent à force de se soumettre.

Me voici parmi vous, après ma longue nuit.
Et revenue à moi.
À chacun je demande : avez-vous vu un homme ?
Je cherche un homme. Je cherche un homme avec des yeux pour voir, une langue pour jurer et par-dessous une âme.

Résultat d’une commande de France Culture pour le Festival d’Avignon en 2001, Contre est un texte écrit par Lydie Salvayre en vue d’une lecture musicale, aux côtés des guitaristes Serge Teyssot Gay et Marc Sens. Présenté en public, il existe maintenant sous la forme d’un livre-disque publié chez Verticales.

Contre est un texte d’engagement, qui s’écoute comme on écouterait une longue phrase de révolte, dite en un souffle, laissant celle qui la prononce essoufflée, comme après une course. « Je cherche un homme » ; « Je » cherche l’humanité, perdue au milieu d’une société corrompue et ravagée par la souffrance et la peur. S’il est possible qu’en live, ce texte souligné par les improvisations des guitares fasse l’effet d’un coup de massue, à la lecture, il paraît un peu généraliste. Sous couvert de dénonciation, on ne parle que « des hommes », de « ils », et d’un « je », sans qu’on sache à quoi correspondent ces pronoms. Car qui sont « les hommes » ? « Les hommes » n’existent pas, il n’y a que « des » hommes, multiples et uniques. On a l’impression qu’un « je » idyllique s’oppose à une masse de bêtes. Les quelques anecdotes racontées ci et là sont présentées comme représentatives d’un « nous » jamais défini.

Lydie Salvayre est psychiatre, aussi souvent dans ses textes transparaissent des opinions ou des constats qui semblent être nés dans le cabinet. « Je dois vous préciser que dans la république d’où je viens, se détester dans les familles est une coutume ancienne et toujours strictement observée. » S’il n’y avait que dans notre république ! Il y a la haine triste et la haine de pouvoir, et il me semble que l’on doit s’efforcer de les distinguer, aussi difficile cela soit-il.

De ce portrait des faiblesses humaines, on se demande comment on peut se relever. Contre ? Je veux bien, mais pour quoi ? Si les relations de pouvoir sont au fondement de notre organisation sociale, qu’est-ce qui pourrait bien la faire changer ? Rien.

Je crois que les relations de pouvoir sont effectivement maîtresses dans à peu près tous les domaines de la vie, mais je crois aussi, inexplicablement, qu’une certaine confiance en l’être humain est possible. Comme une sorte de flash de survie. Traduite par la musique, peut-être ? Serge Teyssot Gay et Marc Sens créent une ambiance sonore planante et liquide, jusqu’à la fin où le « contre » rallie enfin les instruments et relie les souffles. L’art comme résistance.

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Finalement, on a fini par y arriver.

Sur Citizen Jazz ce matin moult chroniques intéressantes : le solo du pianiste Or Solomon ; le quartet américain d’Alexandra Grimal sur Ayler Records, une interview passionnante de la même saxophoniste ; Bitter Sweets, le duo Elise Caron/Edward Perraud chez Quark Records… Un compte rendu collectif du concert d’Albert Marcœur et du Quatuor Bela à l’Atelier du Plateau, et un autre compte rendu du Magnetic Ensemble d’Antonin Leymarie, dont voici les première lignes.

Le dernier concert de la saison à l’Atelier du Plateau, qui a eu lieu le 16 juin 2012, était aussi le dernier de la résidence du batteur Antonin Leymarie, qui profite de la liberté et de la confiance données par le lieu pour explorer des terrains nouveaux, totalement en décalage avec l’attente que l’on pourrait avoir de la part de musiciens venant du jazz. Alors que le premier des trois concerts développait un rock planant et imagé, le dernier se proposait de briser la digue scène/salle grâce à de la transe minimale. Et l’Atelier du Plateau de se transformer en boîte de nuit.

Au départ, tout est normal. La salle est bondée, les instruments au centre : un piano, une batterie, un vibraphone et deux sets de percussions face à face, un clavier et une table avec micro. Drôle d’instrumentation tout de même. Antonin Leymarie (Impérial Quartet, Surnatural Orchestra) a invité, respectivement : Fabrizio Rat (Jukebox), Benjamin Flament (Radiation 10, Alphabet), Sylvain Lemêtre (Surnatural Orchestra, La Soustraction des Fleurs), Arnaud Roulin (Supersonic, Poni Hoax), Thomas de Pourquery (Supersonic, DPZ) et la chanteuse Jeanne Added (Linnake, Yes Is A Pleasant Country) sur quelques morceaux. C’est bientôt l’été, personne n’est pressé et la musique s’élève doucement au-dessus du brouhaha alors que l’on n’est pas encore installé. Vite vite, une place, un siège, un bout de tabouret, de béton ou d’escalier. Les retardataires ne savent pas où se mettre, c’est trop serré. Et le silence se fait.

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Nous avons certes la permission de danser, mais encore faudrait-il le pouvoir. Les rythmes de TOC se prêtent davantage au balancement effréné de cheveux longs et noirs, façon métalleux sur le retour, qu’au fox-trot ou à la samba improvisée. TOC, s’il se moque du trouble obsessionnel compulsif, n’en est pas un. You Can Dance (If You Want), tout juste sorti des soutes de l’excellent label lillois Circum Disc, est le dernier-né, après Le Gorille en 2009, du power trio de Jérémie Ternoy, Peter Orins et Ivann Cruz, respectivement Fender Rhodes, batterie et guitare. Lire la suite sur Citizen Jazz

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Le nouvel album de OK, le power trio à deux batteries du guitariste et chanteur Guillaume Magne, est sorti sur le label Carton.

C’est Wet, et c’est ce soir à l’Espace B. C’est terrible, parce que j’aime beaucoup cet album, mais je ne sais pas en parler. J’entends une voix bien plus mûre que ce à quoi on pourrait s’attendre au regard de l’âge de celui qui la porte. Une guitare qui me fait penser au rock indé anglais mais aussi à l’univers d’un Nick Cave (peut-être n’est-ce qu’un fantasme, il y a trop longtemps que je n’ai écouté Nick Cave…), à la fois sombre et poétique. Deux batteurs, Sébastien Brun et Jérémie Piazza, qui tirent vers le brut garage sans lourdeur. De vraies chansons pas répétitives, de vraies paroles, un vrai groupe avec de très beaux moments d’ensemble qui rappellent AlasNoAxis de Jim Black (le dernier). Des mélodies impressionnantes, des inventions jouissives et une patate d’enfer ! Écoutez le tube « Wet » ici et suivez vos pas quand ils se mettent à danser. C’est irrépressible.

http://www.cartoncartoncarton.com/ok.html

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Nouveau solo au catalogue du label marseillais Emouvance : Welcome de Raymond Boni, ou la poésie à nu du combo guitare-harmonica.

Guitare/harmonica ? Le fantôme de Bob Dylan plane sur ce duo. Mais Raymond Boni le malicieux prend son auditeur de court dès la première plage : « Welcome » et sa profession de foi sont empruntées à John Coltrane : « [La] musique [de John Coltrane] ouvre les yeux, et face à l’exclusion que subissent une majorité d’êtres de cette planète, j’ai pensé que ce chant était universel. », lit-on dans les notes de pochette (extrait d’un entretien avec Patrick Williams, auquel est dédié le morceau « Un Manouche dans New York »). Ouvrir les bras, ouvrir l’esprit, ouvrir la musique. Les fantômes de la folk ont été ici digérés et associés à une démarche de recherche et d’expérimentation qui dure depuis plusieurs dizaines d’années : l’harmonica est méconnaissable. Prenant la place du piano sur le thème de Coltrane, il est traité de manière à emplir l’espace d’écho et de résonance, tandis que la guitare, en guise de saxophone, surfe sur son nuage. Bientôt, les deux instruments sont indissociables, et l’on ne sait plus lequel est amplifié et lequel ne l’est pas.

Si l’enregistrement n’a pas été fait dans une chapelle d’une colline quelconque de la brousse marseillaise mais au GMEM, centre national de création musicale dédié à la musique contemporaine et aux musiques expérimentales en général, il nous y emmène. Raymond Boni domine le paysage tout autant qu’il le respire. Les bruits de la mer (enregistrés et mixés par Bruno Levée (qui signe le mix de la totalité du disque) avec la participation de la cinéaste Christine Baudillon dont nous avons parlé ici) se confondent avec ceux du bateau-guitare de notre « gitan marin », dont on imagine les yeux pétillants et le sourire en coin. C’est qu’il s’agit de ne pas oublier la bonne humeur, celle qui allège et renforce d’un même geste le combat :

Content de ne pas être le seul à choisir la fragilité
ce disque est dans cette optique musicale
comme cette guitare
qui n’est pas un meuble policé
propre et brillant
comme cet harmonica usé
par quatre années
de jeux abusifs
une musique directe
sans coupure
liée aux sons de la vie
espérer ne pas être le dernier
à choisir la fragilité

Et la guitare de jouer avec les sons de la nature comme un chat avec une pelote de laine. C’est que Raymond Boni n’est ni devant ni au-dessus mais bien dans le monde. « La musique a toujours existé, bien avant l’homme, nous avons besoin d’elle comme de l’air que nous respirons. Mais elle, n’a pas besoin de nous. » La musique existe-t-elle vraiment en-dehors de celui qui la fait et, surtout, de celui qui l’écoute ? Pas sûr. Cependant,ce que l’on comprend, c’est que l’indifférence du roulement de la vague qui clôt l’album sur un hommage à Nina Simone, « Black Is The Colour Of My True Love’s Hair », n’est pas un obstacle mais bien un encouragement.

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