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Posts Tagged ‘Carton records’

 

Collage venu d’on ne sait où, cette Marguerite pioche là où elle en a envie, sans se soucier du reste. Jazz, free jazz, pop, rock, farce (sérieuse), cirque, chanson, bruitisme… Le W.A.C. « réunit musiciens, sportifs internationaux, hôtesses de l’air, barbus en cuir autour d’un grand projet : sauver le monde de la défaite ! ».

« Chevaux insolites : le mulet.
Cheval de parade, cheval de voltige.
Cheval aux pieds mouchetés, Lipizzan, Genet d’Espagne : un quartet. »

Un homme explique à son neveu le fonctionnement d’un jeu de cartes chevalin : le monologue ouvre le deuxième disque du Woland Athletic Club, Marguerite, sorti chez Carton records au printemps 2012. Etrange introduction pour un groupe qui l’est tout autant : Nicolas Stephan (voix, saxophone, glockenspiel, petite batterie), Antonin Rayon (orgue Hammond B3, clavinet, vieux glockenspiel en bois, chœur), Sébastien Brun (batterie, claviers, électronique, petite voix) et Anne-Sophie Arnaud aux excentricités corporelles et/ou acte théâtral.

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Le nouvel album de OK, le power trio à deux batteries du guitariste et chanteur Guillaume Magne, est sorti sur le label Carton.

C’est Wet, et c’est ce soir à l’Espace B. C’est terrible, parce que j’aime beaucoup cet album, mais je ne sais pas en parler. J’entends une voix bien plus mûre que ce à quoi on pourrait s’attendre au regard de l’âge de celui qui la porte. Une guitare qui me fait penser au rock indé anglais mais aussi à l’univers d’un Nick Cave (peut-être n’est-ce qu’un fantasme, il y a trop longtemps que je n’ai écouté Nick Cave…), à la fois sombre et poétique. Deux batteurs, Sébastien Brun et Jérémie Piazza, qui tirent vers le brut garage sans lourdeur. De vraies chansons pas répétitives, de vraies paroles, un vrai groupe avec de très beaux moments d’ensemble qui rappellent AlasNoAxis de Jim Black (le dernier). Des mélodies impressionnantes, des inventions jouissives et une patate d’enfer ! Écoutez le tube « Wet » ici et suivez vos pas quand ils se mettent à danser. C’est irrépressible.

http://www.cartoncartoncarton.com/ok.html

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Comme l’État, avec l’aide des marchés — ou l’inverse — a le délicieux projet d’étrangler lentement mais sûrement à peu près tout ce qui ne produit pas de bénéfices à court terme, comme la lecture de livres (TVA à 7%) ou l’air que l’on respire (déchets nucléaires), dans le but avoué d’accumuler plus de richesses qu’il n’est possible d’en dépenser en une vie, nombre de projets artistiques, culturels et sociaux se voient obligés de réclamer de l’argent ailleurs, auprès de mécènes petits et privés, comme vous et moi.

À ma gauche : OK, trio rock dont le premier EP est paru sur le fameux label Carton. Une guitare, deux batteries et des compos qui défoncent peinard. Pour leur deuxième album, ils ont besoin de 2000 euros. À l’heure où j’écris ces lignes, ils en ont déjà récolté 625. Vous pouvez donner à partir d’ 1 euro, avec des contreparties fonctions de votre don : une vidéo de remerciement, une guitare et, entre les deux, toutes sortes de choses.

Pour faire un don, rendez-vous ici. Il reste 35 jours.

À ma droite : Mingus on Mingus, un documentaire sur Charles Mingus réalisé par son petit-fils Kevin Ellington Mingus. Eux, c’est de 40 000 dollars dont ils ont besoin. Vous pouvez donner 10 dollars, mais à partir de 5000, vous êtes crédité au générique du film comme producteur associé. Ça vaut le coup, hein ?! Ils ont déjà récolté 8000 dollars — notez que c’est loin d’être suffisant pour une nuit à l’hôtel à Cannes.

Pour faire un don, rendez-vous . Il reste 21 jours.

GO !

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Des turqueries, du support numérique, des labels qui bricolent et un peu de théâtre.

Alors que paraît aujourd’hui le premier épisode de la mini-série consacrée à la campagne du Front de gauche, vous vous demandez certainement où en est la mini-série qui nous occupe ici, à savoir Jazz in Istanbul. Pas de panique ! Quelque peu ralentie par des événements extérieurs superflus tels que travail-travail-travail-nauséedelaturquiemaisçavapasser-travail-travail, elle arrive.

Le dossier des Chroniques stambouliotes est, lui (sigh), publié sur Citizen Jazz : il brosse le portrait d’une musique à la fois extrêmement vivante et un peu sinistrée, où les expérimentations sont tolérées mais pas franchement bienvenues, où les standards le disputent à la musique traditionnelle locale, et où les rares qui inventent leur chemin songent à déménager… Difficile, dans un pays où la fréquentation des lieux de culture est loin d’être aussi évidente qu’en France, de défendre des musiques inclassables. Ainsi, les quelques perles que nous avons dénichées sont pour la plupart installées à l’étranger : le saxophoniste İlhan Erşahin, le chanteur poly-instrumentiste arménien Arto Tunçboyacıyan, le guitariste de free jazz Umut Çağlar ou encore le clarinettiste et performer Oğuz Büyükberber. Pourtant, dans chacune des musiques de ces artistes, aussi différentes soient-elles, on retrouve une sonorité orientale faite de mélange à la turque — car, malgré ce que (se) racontent les Turcs, leur pays est sans doute l’un des plus mélangés au monde. L’ « identité turque » n’existe que grâce à ses multiples composantes, des Arméniens aux Grecs en passant par les Kurdes et les Syriaques. Mais le temps de l’assassinat d’un Hrant Dink n’est pas si loin, comme en témoigne la violence de l’accueil de la chanteuse kurde Aynur Doğan par les spectateurs à l’Istanbul Jazz Festival

Arto Tunçboyacıyan © Alix de Cazotte

En attendant d’explorer de nouveaux chemins de traverse turcs, voici quelques endroits où fureter.

Le blog de Jean-Jacques Birgé, collaborateur occasionnel de Citizen Jazz, regorge de trésors inexplorés, tels que cette musique de film inédite, enregistrée en 2000 avec Philippe Deschepper (guitare), Yves Robert (trombone) et Eric Echampard (batterie — aperçu la semaine dernière au Studio de l’Ermitage au sein du très beau trio On Air du pianiste Benjamin Moussay avec Arnault Cuisinier à la contrebasse). Birgé est lui-même au synthétiseur et à la flûte. Son dernier billet, « Après le disque / Lettre ouverte à la presse papier » se demande pourquoi la presse papier spécialisée ignore aussi ostensiblement les enregistrements numériques disponibles sur internet, souvent gratuitement, alors que l’édition est reconnue depuis longtemps (avec notamment publie.net). On pourrait en rajouter une couche en se demandant pourquoi les supports papier en général (comme la communication des artistes et des labels) rechignent (certes de moins en moins) à prêter attention au support numérique, comme si le papier apportait une caution inexplicable à la qualité des écrits qu’il accueille, au regard des nombreux « oublis » dont ils font preuve. Gageons que cette tendance s’atténuera au fur et à mesure… Pour ce qui est de la musique improvisée, outre les œuvres de Jean-Jacques Birgé, vous pouvez jeter une oreille du côté du label Sans bruit, dont le catalogue est aussi exigeant qu’immatériel.

Un autre label, matériel celui-là, bricole avec du papier et des ciseaux : il s’agit de Carton, qui comprend deux branches : la série Croix-Croix, « XP, noise et toutes les choses que ma mère n’écouterait pas du tout » et la série Bâton, « rock, pop, folk et les musiques que ma mère qualifierait de trop fortes, mais lui rappelant sa jeunesse ». On y croise Jeanne Added (solo et trio), Irène, Lunatic Toys, OK… bref toutes formations défricheuses et vivantes (morceaux disponibles en écoute sur le site). Récemment, on en a entendu un échantillon au festival vendéen Vague de Jazz, dont le compte rendu est paru aujourd’hui sur Citizen Jazz, aux côtés de musiciens aussi formidables que Joëlle Léandre, Vincent Courtois, Alexandra Grimal ou encore Thomas de Pourquery.

Enfin, vous pouvez aussi jeter un coup d’œil à mon blog consacré au théâtre, Jetées, renfloué ces derniers temps avec la polémique Castellucci et le coup de poing Pascal Rambert, sans oublier la colonne de droite de blog-ci, où sont annoncés quelques concerts dignes de ce nom. Bonne semaine !

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C’est un dimanche soir, dans un bar d’une petite rue du XIXè arrondissement de Paris, qu’on a fêté la naissance de Carton Records : Des disques en carton, une musique en béton.

L’Espace B est plus grand qu’on ne le croit : après le bar, on s’aventure dans un sombre couloir pour atterrir dans une salle de concert insoupçonnée. Sur le comptoir, un saladier de punch. Au fond, quelques fatigués par les gouttes de pluie du week-end sont affalés sur un canapé défoncé. À leur gauche, une table de mixage. De l’autre côté, la scène : un micro, une guitare, et deux batteries.

C’est le groupe OK qui ouvre la danse. Guillaume Magne est à la guitare et au chant, Sébastien Brun et Jérémie Piazza aux batteries (le premier touche un peu les claviers aussi). Ça parle de « Maureen », la batteuse du Velvet Underground, ça parle des concepts que nous utilisons tous les jours, ça parle et on peut comprendre si on en a envie. On peut aussi ne pas se concentrer sur les paroles et laisser passer la musique dans notre corps en fermant les yeux et en se déhanchant légèrement. Puis les rouvrir pour admirer le duo de batteries, mélodique et savoureux. Ils n’en mettent pas partout, c’est bien agréable. Juste ce qu’il faut. Ils prennent soin de laisser de la place au guitariste chanteur qui est devant eux, bien en face de nous, et dont la voix tremble imperceptiblement pendant quelques secondes, parfois.

À la pause on nous apprend que le saladier de punch est un saladier de planteur, j’ai pas bien compris la différence, mais le barman avait l’air d’y tenir. On retrouve l’air frais, la pluie s’est arrêtée, le trottoir est bondé. Linnake, « forteresse » en finois, assure la deuxième partie : Jeanne Added (voix, basse), Julien Desprez (guitare) et Sébastien Brun (batterie) forment un trio aux réminiscences tribales, ni suffisamment lunaire pour être tout à fait psyché, ni suffisamment lent pour être du trip-hop. L’ensemble est entraînant mais contrasté et travaillé. Les ruptures de rythme et les sonorités expérimentales, à la guitare notamment, sont plus fréquentes sur les premières compositions (celles qui sont sur l’EP) que sur les plus récentes, qui sont davantage soutenues par de grandes montées en puissance. On se laisse bercer.

Bon alors, évidemment, tout ça, c’est du rock. Cépadujâze. M’enfin on va pas s’arrêter à un détail près.

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