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Posts Tagged ‘Edward Perraud’

C’est rigolo c’est rigolo tout le monde fait des listes alors moi aussi.

L’année 2012 a été une année de plus où on n’a fait que bosser sans gagner plus d’argent — voire ! sans gagner d’argent du tout. Alors comme on est docile et fainéant en même temps, on écoute de la musique en élaborant une métaphysique du froid à partir du frigo vide. Bientôt les premières conclusions.

Dans ma liste il y a (sans ordre de préférence) :

nicolas-repac-black-box

Nicolas Repac Black Box, avec des Noirs et des gens basanés qui chantent dans des langues qu’on comprend pas mais que c’est vachement beau, et que Nicolas Repac (qui est blanc) a repris tout ça et a rajouté des sons bizarres autour, derrière, par-dessus mais pas trop devant (enfin parfois si). L’autre jour j’ai entendu dire que quelqu’un avait dit que les chanteuses noires avaient une voix particulière à cause de leur palais, qui est paraît-il fait différemment de celui des Blanches. Moi je dis : chapeau ! Je veux bien aussi l’explication de pourquoi certaines musiques sont meilleures que d’autres, comme ça j’aurai plus besoin d’écrire de critiques, et je pourrai partir en vacances aux Bahamas. Bon sinon Black Box est un Élu Citizen Jazz (pour ceusses qui voudraient lire un vrai truc).

waysout

Ways Out, le quartet de Claude Tchamitchian avec Régis Huby, Rémi Charmasson et Christophe Marguet. Arménie + électrique (alors que d’habitude il fait plutôt de l’acoustique) + rock digéré menu menu = plat chaud tout nouveau, avec accompagnement de petites larmichettes mais pas trop. Nous sommes également en présence d’un Élu (de mon cœur) Citizen Jazz, cette fois-ci rédigé par quelqu’un d’autre que moi, avec une approche différente. Un peu d’air frais quoi. En gros un violon électrique + une contrebasse jouée à l’archet + une guitare électrique + une batterie très rythmique = un fondu sonore qui souffle tout sur son passage, avec des mélodies orientalisantes et un peu tristes. Mais qu’est-ce que vous voulez, on se refait pas.

alphabet

Alphabet de Sylvain Rifflet, avec Joce Mienniel, Benjamin Flament et Philippe Giordani. Bon alors il n’y a rien à dire parce que tout a déjà été dit. Je considère que ce disque, et le suivant, renouvellent radicalement le langage improvisé en le mélangeant de manière inédite avec des éléments rock tels que le refrain, le jeu d’ensemble ou la rythmique, et que tout ce joyeux bordel est la musique de demain, c’est-à-dire en fait, si vous suivez bien, la musique d’aujourd’hui. Oui Madame ! J’en ai déjà parlé sur ce blog ici, et Citizen Jazz lui a également fait une déclaration amoureuse.

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Paris Short Stories de Joce Mienniel (il s’appelle Jocelyn en fait) avec Eve Risser, Philippe Giordani, Sylvain Rifflet, Aymeric Avice, Vincent Lafont et Antonin Rayon. Pareil que le précédent, à ceci près que musicalement, ça n’a rien à voir. Alors que Alphabet travaille sur la constitution d’un son collectif de groupe, celui-ci, dans le son collectif, cherche l’état de grâce poétique dans la nuance et l’infime. Les aplats électroniques ne sont plus au service du rythme mais de la sensation. J’ai tout expliqué dans la chronique et l’entretien de Joce Mienniel pour le jazz citoyen, et, oh surprise, je lui ai, à lui aussi, à eux tous, déclaré ma flamme.

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Bitter Sweets de Élise Caron et Edward Perraud, le duo chant/batterie le plus drôle, le plus excitant, le plus insolite, le plus bizarre, le plus free, le plus chantant, le plus rigolo, le plus émerveillé, le plus décalé, le plus énergique, le plus comique, le plus riche que vous ayez jamais entendu. C’est normal, on n’entend jamais de duo voix/batterie. Eh bien, c’est l’occasion ! Pour lire la vraie chronique, c’est . Je ne saurais trop vous conseiller d’aller les voir et les écouter en concert, ils sont magiques. Et eux au moins ils font une pochette avec des couleurs chaudes et des vaches. Et ça c’est cool.

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Finalement, on a fini par y arriver.

Sur Citizen Jazz ce matin moult chroniques intéressantes : le solo du pianiste Or Solomon ; le quartet américain d’Alexandra Grimal sur Ayler Records, une interview passionnante de la même saxophoniste ; Bitter Sweets, le duo Elise Caron/Edward Perraud chez Quark Records… Un compte rendu collectif du concert d’Albert Marcœur et du Quatuor Bela à l’Atelier du Plateau, et un autre compte rendu du Magnetic Ensemble d’Antonin Leymarie, dont voici les première lignes.

Le dernier concert de la saison à l’Atelier du Plateau, qui a eu lieu le 16 juin 2012, était aussi le dernier de la résidence du batteur Antonin Leymarie, qui profite de la liberté et de la confiance données par le lieu pour explorer des terrains nouveaux, totalement en décalage avec l’attente que l’on pourrait avoir de la part de musiciens venant du jazz. Alors que le premier des trois concerts développait un rock planant et imagé, le dernier se proposait de briser la digue scène/salle grâce à de la transe minimale. Et l’Atelier du Plateau de se transformer en boîte de nuit.

Au départ, tout est normal. La salle est bondée, les instruments au centre : un piano, une batterie, un vibraphone et deux sets de percussions face à face, un clavier et une table avec micro. Drôle d’instrumentation tout de même. Antonin Leymarie (Impérial Quartet, Surnatural Orchestra) a invité, respectivement : Fabrizio Rat (Jukebox), Benjamin Flament (Radiation 10, Alphabet), Sylvain Lemêtre (Surnatural Orchestra, La Soustraction des Fleurs), Arnaud Roulin (Supersonic, Poni Hoax), Thomas de Pourquery (Supersonic, DPZ) et la chanteuse Jeanne Added (Linnake, Yes Is A Pleasant Country) sur quelques morceaux. C’est bientôt l’été, personne n’est pressé et la musique s’élève doucement au-dessus du brouhaha alors que l’on n’est pas encore installé. Vite vite, une place, un siège, un bout de tabouret, de béton ou d’escalier. Les retardataires ne savent pas où se mettre, c’est trop serré. Et le silence se fait.

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“L’homme est sur la bonne route, mais dans la mauvaise direction.” Sun Ra

Un enfant perdu dans la foule ne voit que des genoux et des volants de jupe, il y a des collants en dessous tout de même, nous sommes en novembre, le 25 exactement, les manteaux s’amoncellent sur les dossiers de chaises, quelques écharpes traînent par terre en attente de leur propriétaire, il s’en prend une dans les pieds mais son père qui l’a rattrapé ne le remarque pas et l’entraîne à sa suite au travers du bal de gambettes plus ou moins couvertes, son poignet est cassé sous la pression quand soudain la pression se relâche il lève la tête une femme le regarde et lui sourit dans les yeux de celle-ci il y a de la tristesse d’habitude c’est plutôt du dégoût déguisé en tendresse, son manteau lui a échappé des mains du coup Fais attention, lui dit son père avant de sortir son appareil photo Mon papa il photographie la musique, mais à l’école on ne le croit pas, Mais c’est pas possible de photographier la musique ! Si, j’vous jure ! alors il abandonne pendant que les gens autour de lui se taisent c’est le signal que lui non plus n’a plus le droit de faire du bruit, mais ça ce n’est pas un problème, il ne fait jamais de bruit, peut-être parce qu’il n’y a pas de place pour lui et la musique

Supersonic le 25 novembre au Studio de l’Ermitage, Paris
Thomas de Pourquery Saxophones alto, soprano, chant, compositions
Laurent Bardainne Saxophone ténor (remplacé ce jour par Daniel Zimmerman trombone)
Fabrice Martinez Trompette
Arnaud Roulin Claviers
Fred Galiay Basse
Edward Perraud Batterie

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Voici mon quatrième solo(s) et deuxième Soliloque : ce mois-ci, Edward Perraud.

Sorti chez le label Quark l’an dernier, à l’automne, le solo Préhistoire(s) s’écrit avec un « s » entre parenthèses : s’y imbriquent l’Histoire de l’Homme avec un grand H, et les histoires qui font le monde, aussi nombreuses qu’il y a d’êtres humains. Edward Perraud est parti à la recherche, comme il le dit lui-même, de ses généalogies proches et lointaines. Il a voulu « retranscrire de manière consciente ou inconsciente », lit-on dans la pochette du disque, le sentiment que :

« Chacun d’entre nous incarne le dernier maillon de la chaîne de tout ceux qui ont vécu depuis l’aube des temps. Il me semble que ce que nous faisons est intimement lié aux premiers hominidés qui se sont mis debout, qui ont lutté instinctivement pour la survie et observé ce monde qui les entourait. Les forces intérieures qui nous animent dans l’acte même de créer sont soeurs de celles des premiers sorciers et chamanes. Les sons qui en résultent aujourd’hui témoignent intimement de ces liaisons avec le passé le plus lointain. »

Le solo Préhistoire(s) met en tension présent et passé à travers des atmosphères primales et tribales, auquelle la batterie se prête évidemment avec plaisir. La très large palette de couleurs d’Edward Perraud crée de nombreuses photos sonores, qu’elles soient martelées, comme dans « Knuckle Walking », ou peintes par nappes frottées, comme dans « Bêtes ».

Cette sorte d’attente avant l’attaque, qui malaxe de l’intérieur, est une véritable jubilation. Elle traverse tout l’album solo d’Edward Perraud, Préhistoire(s), sorti en octobre 2009 sur le label Quark, un label qu’il a lui-même fondé, et dont on ne saurait trop vous recommander d’aller y jeter une oreille.

* * *

Playlist de l’émission : « Knuckle Walking » et « Bêtes ». En écoute ici (19 novembre) et en podcast . Mensuelle, elle est diffusée le vendredi entre 20h et 21h, insérée dans le corps de Jazz à part de Pierre Lemarchand, émission d’une heure sur l’actualité des musiques improvisées, sur Radio HDR à Rouen et Principe actif à Evreux. Lire aussi la chronique sur Citizen Jazz.

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Dans la famille des musiciens de jazz qui font du rock, je voudrais le trio EGO : Vincent Courtois (cello), Maxime Delpierre (g), Edward Perraud (dr). Cliquer sur l’image, descendre aux deux tiers de la page et écouter 7 minutes de live à fond avec, en prime, Jeanne Added au chant.

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C’est une véritable expédition que le festival MIMI : Depuis le Vieux Port de Marseille, monter en bateau, de préférence à l’avant, attendre qu’il soit plein, admirer le château d’If, accoster sur l’île du Frioul, marcher une demi-heure au bord de la mer, s’interroger sur la nature des diverses « performances » qui jalonnent le chemin, et atteindre enfin l’ancien hôpital Caroline, situé sur une hauteur ; puis déambuler entre les stands associatifs – écologie, commerce équitable, productions régionales (le label Emouvance, les éditions Le Mot et le reste…), s’asseoir, souffler et regarder tandis que le soir tombe sur des ruines gréco-romaines, et que l’air se rafraîchit. D’antiques jeux vidéo sont disséminés sur tout le site par le collectif Geeksterz et parfois projetés sur grand écran ; dans un coin, Radio Grenouille (88.8), commente le tout pour les auditeurs locaux. Le concert était annoncé à huit heures, il est neuf heures et demie.

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Samedi après-midi, Vincennes, Parc floral. D’habitude les poussettes et les canards se bousculent autour et dans le bassin, cette fois, l’herbe est déserte et humide, grosse de l’orage du matin. Il y a moins de monde sur les sièges, mais pas moins d’énergie sur la scène : Das Kapital ouvre le premier jour du week-end allemand du Paris Jazz Festival.

Daniel Erdmann (saxophone), Hasse Poulsen (guitare) et Edward Perraud (batterie), affublé d’une incomparable chemise digne des meilleurs papiers peints pour enfants, reprennent dans leur second disque des pièces de Hanns Eisler. Grand compositeur allemand touche-à-tout qui a entre autres travaillé avec Brecht, il est chassé d’Allemagne par le nazisme puis des Etats-Unis par le maccarthysme, et n’a de cesse de suivre les mouvements de l’Histoire. Comme le titre de l’album l’indique, les balades succèdent aux « barricades », morceaux teintés de militaire assouplis par l’improvisation, comme l’excellent « Sans le capitalisme, tout va mieux », ou encore « Solidarité ». La musique se fait martiale, joyeuse, tranchante, toujours très mélodique. Elle reste dans la tête et dans les pieds ; on aurait presque envie de se lever pour se dandiner, ce sera pour applaudir et réclamer un rappel… qui ne viendra pas. Il faut préparer la scène pour le second trio.

Un auguste échevelé au piano, un Français (presque) chauve à la contrebasse et un nouveau Travolta à la batterie, jean slim et banane laquée, débarquent sur la scène. Joachim Kühn, Sébastien Boisseau et l’ébouriffant Christian Lillinger forment un trio progressif : du plus jeune au plus vieux, du plus touffu au plus chauve. C’est très jazzy, c’est très riche, ah non tiens une touche rock, la mélodie joue dans les graves, ça balance, ici le « ti ti ti » des cymbales revient, thème-chorus-thème, c’est un peu lassant même si c’est mené avec virtuosité. Vous me direz, Das Kapital aussi alternent thèmes et impros, mais même si la structure est tout aussi évidente, les mélodies se jouent tellement de l’étiquette « jazz » qu’on en oublie cette monotone succession.

Il n’en reste pas moins que les deux excellents trios d’obédience allemande ont soulevé les foules – ce qui n’est pas anodin quand on connaît le pouvoir d’attraction terrestre de certaines chaises, ou de certains culs, je ne sais pas.

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