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Posts Tagged ‘Soliloque’

Voici mon troisième solo(s) et mon premier Soliloque : c’est le titre de ma première chronique radio, diffusée hier sur les ondes de Radio HDR à Rouen et de Principe actif à Evreux, au sein de l’émission Jazz à part de Pierre Lemarchand, et qui porte sur les albums solo.

« Soliloque, un mois, un solo »

« L’art du solo, c’est l’art de se mettre à poil », comme dit Andy Emler. Accès privilégié à l’intimité d’un univers musical, le solo est doux, tranchant, percussif, mélodieux, contemporain, violent ou caressant, écrit ou improvisé. « Soliloque » vous donne rendez-vous chaque mois pour ouvrir pendant quelques minutes les portes d’un pianiste, violoniste, batteur ou contrebassiste…

Premier disque solo évoqué dans Soliloque, Solobsession, sorti en 2001 chez le Label Bleu, ne s’appelle pas comme cela par hasard : c’est après une longue réflexion sur cette pratique que Bojan Zulfikarpasic a enregistré le sien. « L’art du solo, c’est l’art de se mettre à poil », dit Andy Emler. C’est en effet une mise à nu toujours spécifique. Pour Bojan Z, le solo vous débarrasse du besoin des autres car la négociation avec l’espace  y est différente. Le solo est un accès privilégié à l’intimité d’un univers musical, tout simplement parce que, quand on arrête de jouer, c’est le silence.

Pourtant, il n’y a pas beaucoup de silence chez Bojan Z. Le pianiste a instillé dans son jeu beaucoup d’autres choses, à tel point que l’on n’est pas tout à fait sûr, si on ne connaît pas déjà les morceaux, qu’ils soient uniquement réalisé au piano. Il n’est que de l’observer jouer, sur un ou même deux pianos à la fois, ou sur le Fender Rhodes trafiqué qu’il a baptisé « xénophone », pour être époustouflé par sa rapidité, sa virtuosité et, en même temps, son ouverture et sa générosité. On croit entendre quatre, huit mains ; elles ne sont que deux.

Solobsession, c’est un mouvement permanent entre hybridation d’un côté, et dépouillement de l’autre. Hybridation, parce que le piano se fait parfois percussif, parfois très mélodique au contraire ; dépouillement, parce que l’on entend l’instrument nu. Les silences, s’ils se font rares, sont d’autant plus précieux.

L’album comporte 6 morceaux composés par Bojan Z, trois signés par d’autres musiciens : le contrebassiste Henri Texier, et les saxophonistes Sonny Rollins et Ornette Coleman, ainsi qu’une mélodie macédonienne traditionnelle.

Né à Belgrade en 1968, Bojan Z s’installe en France en 1988. Très vite, il joue avec Henri Texier, Julien Lourau, ou encore Michel Portal. Il signe six albums sous son nom entre 1993 et 2010, avec des musiciens du monde entier : Américains dans Transpacific, superbe disque en trio, Algériens, Turcs, Serbes, et j’en oublie, dans Koreni. Les influences balkaniques qu’on a souvent voulu voir dans sa musique, assurément présentes, se mêlent à tant de culture classique et jazz qu’elles en deviennent indiscernables. Elles laissent cependant leur couleur dans ses mélodies.

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Playlist de la chronique : « Fingering » et « Multi Don Kulti », en écoute ici et en podcast . Mensuelle, elle est diffusée au milieu du mois le vendredi entre 20h et 21h, insérée dans le corps de Jazz à part, émission d’une heure sur l’actualité des musiques improvisées, sur Radio HDR et Principe actif.

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