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Posts Tagged ‘PJ Harvey’

Le jazz, c’est bien quand ça s’arrête aussi.

Le rap thing : Découverts la semaine dernière au festival Sons d’Hiver, Desdamona (Ursus Minor) et Carnage The Executioner réussissent l’exploit de faire aimer le rap à ceux à qui il a toujours donné des boutons. Leur fabuleux duo Ill Chemistry, dont le dernier disque vient de sortir chez Nato (dont on ne dira jamais assez tout le bien qu’on en pense), étonne par sa présence, sa performance et sa musicalité. Arrivés tout droit de Minneapolis, ils donnent corps à des paroles politiques ancrées dans l’expérience, et témoignent d’une volonté touchante de rencontrer le public. Leur rap n’est pas un effet de style, mais bien le meilleur moyen qu’ils aient trouvé pour incarner une urgence à dire et à partager.

Le rock thing : Vous saviez que c’étaient les Beatles qui avaient inventé le clip ? Ils avaient la flemme d’aller aux Etats-Unis pour faire une émission télé alors ils ont envoyé une vidéo à la place, où on les voit simplement interpréter leur morceau sur une scène en carton pâte, avec leurs costumes noirs et leur bouille rigolote, comme ils l’auraient fait là-bas.

PJ Harvey, « The Glorious Land », Let England Shake

Le post-rock thing (même si on sait pas bien ce que ça veut dire) : Garden Parti & Caroline, Yes, de Caroline. La contrebassiste et chanteuse Sarah Murcia est aux commandes d’un projet mégalo sur une femme imaginaire, Caroline, dont le nom est susurré, miaulé, caressé, à chaque morceau ou presque, aux côtés d’une ribambelle de star(lette)s telles que Jeanne Balibar, Rodolphe Burger ou Fantazio. Si le second disque est un peu décevant, le premier, quasiment entièrement instrumental, allie avec génie jazz et rock, grâce à des musiciens de talent : Olivier Py (ts, ss, fl), Gilles Coronado (g) et Franck Vaillant (dms, Simmons SDSV).

Le folk thing : Comme pour Nato, on ne dira jamais assez tout le bien qu’on pense du label Sans bruit, qui est fatiguant de qualité et d’enthousiasme. Mais où sont passés les crocodiles avides de profit et de musique toute prête ? Ils ont été anéantis par la guitare de Pascal Maupeu, qui reprend en solo de grands standards de country/folk américaine dans — attention — Folk Standards, un régal de virtuosité véloce mariée à ce qu’on imagine être un rêve d’enfant. Tout ce qu’on peut reprocher à ce disque, c’est de ne durer qu’une demi heure, une honte quand on a tant de choses à dire !

Le tout à voir mais qu’est-ce que c’est bien : Beaux-Arts, de Sylvain Rifflet.

Gilles Coronado  guitar
Christophe Lavergne  drums, music box
Frédéric Norel  violin
Clément Janinet  violin
Benachir Boukhatem  viola
Olivier Koundouno  cello
Sylvain Rifflet  composition, saxophone & clarinet, metallophone

Voilà, on l’attendait, il est arrivé. Le disque de jazz qui allait nous redonner le sourire et la patate en ces temps de grisaille maussade. Le disque qui allait rebooster le corps comme on redémarre un ordinateur. Le disque qu’on allait avoir envie d’écouter sous perfusion pendant des jours et des jours. Et où il est ce disque ? Chez Sans bruit évidemment !

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… ou la playlist de la patate.

La dingo-patate : Le Sacre du Tympan, Le Retour. Pluie de cuivres et rock festif. On se croirait dans la BO d’un film policier d’aventures romantique, quelque part entre Luciano Berio et The Divine Comedy. Bientôt un nouvel album : Soundtrax. Concert de sortie de disque le 13 mai à l’Alhambra (Paris Xè).

La patate psyché : Yom and The Wonder Rabbis, With Love. Road trip le long du Danube, sur fond de paysage post-apocalyptique, entre klezmer traditionnel et transe rock, à grands renforts de lentes montées en puissance et de grosse caisse. Les supers rabbins et leur meneur partent reconquérir le monde avec une clarinette (Yom), des claviers (Manuel Peskine), une basse électrique (Sylvain Daniel) et une batterie (Sébastien Lété sur le disque et Emiliano Turi en concert). Ça ne se prend pas au sérieux mais ça prend sérieusement les tripes. (Morceaux en écoute sur le site.) Concert de sortie de disque le 15 avril à la Maroquinerie (Paris, XXè).

La patate punk : Jean Louis. Rond, tordu, pointu, les crocs de Morse n’en finissent pas de hurler, avec trompette, guitare, contrebasse, batterie et objets. Aymeric Avice, Joachim Florent et Francesco Pastacaldi ont produit leur propre album (tranchemusic@hotmail.fr) et regonflé le sens du mot punk. Le bruit, c’est la mélodie, et vice versa. Ça s’amuse, mais ça ne se perd pas. Très construits, les morceaux empruntent à toutes les maisons – jazz, rock, pop – pour un combo qui envoie… la patate. Un titre en écoute sur youtube. En concert au Triton (Les Lilas, 93) le 9 juin 2011.

La douce patate : Le Trio Joubran, AsFar. Nés en Palestine, possédant la double nationalité palestinienne et israélienne, les trois frères du Trio Joubran jouent du oud depuis quatre générations, et sont accompagnés cette fois-ci par Yousef Hbeisch (percussions) et Dhafer Youssef (voix). Je ne saurais trop vous conseiller, pour découvrir cette patate du monde, d’aller écouter les extraits de concert avec Mahmoud Darwich : la langue arabe est sublimée par une musique venue du fond des âges.

La patate du futur : elle arrive.

La patate chaude : Magic Malik, Short Cuts. Alors que le disque commence par une jolie pop bien faite et bien agréable, on a vite l’impression, avec l’apparition de toutes sortes d’effets électroniques, d’avoir affaire à une nouvelle BO de Star Wars, version R2D2. Je suis perplexe. Le mieux, c’est encore d’aller se faire une idée par soi-même, ici.

La patate qu’a rien à voir mais qu’est-ce que c’est bien :

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Ou la musique qui réchauffe. Dans le cadre des publications saisonnières du Z Band, trois échantillons RocK-JâZ qui font fondre la glace.

Björk et PJ Harvey, « I can’t get no satisfaction », en concert. Ou le summum de l’érotisme.

John Petrucci et Jordan Rudess, « Fauria Taurina », in An Evening With. Le plus jazzy des trois, bien que ci-dessous ça se défende. Les rôles s’inversent, on se travestit, on se déguise : ici c’est du rock qui se transforme en jazz, en bas c’est l’inverse. La Furie Taurine, ou la montée jouissive du plaisir musical.

Marvin Pontiac, « Pancakes », in The Legendary Marvin Pontiac. Pornomusic by John Lurie.

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Chez les copains :

Ursus Minor, funk la neige ! – JazzOcentre

Carlos Villoslada – Jazzques

Dolphy, Varese, Coltrane & Stockhausen et Out To Lunch – Jazz à Paris

Manon, viens danser le ska ! – Jazz Frisson

Festen – Maître Chronique

Benzine & Soo Bin Park – Ptilou’s Blog

Faire fondre la neige, l’entreprise du Captain Kirk – Mysteriojazz

Cordula Hamacher Quartet « Connected » – Jazz, Chroniques et coups de coeur

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