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Posts Tagged ‘Paris Jazz Festival’

Vidéo réalisée par Josselin Carré.

Attention ne pas rater ! Airelle Besson et Nelson Veras le 23 juin, duo trompette et guitare jamais encore écouté mais dont la qualité ne fait aucun doute, Ibrahim Maalouf le 24, voir ci-dessous, les hommages irrévérencieux à Duke et Thelonious par la Campagnie des Musiques à Ouïr et à Cole Porter par Régis Huby et Maria-Laura Baccarini le 30, ou quand les « tributes » transcendent leur objet, Tous Dehors, le bal de Laurent Dehors le 14 juillet, de la folie joyeuse à l’état pur, Jean-Rémy Guédon et Maryse Ngalula le 21, le mariage de la France et de l’Afrique, Edouard Ferlet solo, relecture de Bach dont on m’a dit le plus grand bien, et l’ONJ Piazzolla le 29, Daniel Yvinec a encore fait des siennes.

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Samedi après-midi, Vincennes, Parc floral. D’habitude les poussettes et les canards se bousculent autour et dans le bassin, cette fois, l’herbe est déserte et humide, grosse de l’orage du matin. Il y a moins de monde sur les sièges, mais pas moins d’énergie sur la scène : Das Kapital ouvre le premier jour du week-end allemand du Paris Jazz Festival.

Daniel Erdmann (saxophone), Hasse Poulsen (guitare) et Edward Perraud (batterie), affublé d’une incomparable chemise digne des meilleurs papiers peints pour enfants, reprennent dans leur second disque des pièces de Hanns Eisler. Grand compositeur allemand touche-à-tout qui a entre autres travaillé avec Brecht, il est chassé d’Allemagne par le nazisme puis des Etats-Unis par le maccarthysme, et n’a de cesse de suivre les mouvements de l’Histoire. Comme le titre de l’album l’indique, les balades succèdent aux « barricades », morceaux teintés de militaire assouplis par l’improvisation, comme l’excellent « Sans le capitalisme, tout va mieux », ou encore « Solidarité ». La musique se fait martiale, joyeuse, tranchante, toujours très mélodique. Elle reste dans la tête et dans les pieds ; on aurait presque envie de se lever pour se dandiner, ce sera pour applaudir et réclamer un rappel… qui ne viendra pas. Il faut préparer la scène pour le second trio.

Un auguste échevelé au piano, un Français (presque) chauve à la contrebasse et un nouveau Travolta à la batterie, jean slim et banane laquée, débarquent sur la scène. Joachim Kühn, Sébastien Boisseau et l’ébouriffant Christian Lillinger forment un trio progressif : du plus jeune au plus vieux, du plus touffu au plus chauve. C’est très jazzy, c’est très riche, ah non tiens une touche rock, la mélodie joue dans les graves, ça balance, ici le « ti ti ti » des cymbales revient, thème-chorus-thème, c’est un peu lassant même si c’est mené avec virtuosité. Vous me direz, Das Kapital aussi alternent thèmes et impros, mais même si la structure est tout aussi évidente, les mélodies se jouent tellement de l’étiquette « jazz » qu’on en oublie cette monotone succession.

Il n’en reste pas moins que les deux excellents trios d’obédience allemande ont soulevé les foules – ce qui n’est pas anodin quand on connaît le pouvoir d’attraction terrestre de certaines chaises, ou de certains culs, je ne sais pas.

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