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Posts Tagged ‘Olivier Benoît’

Huitième solo(s), Serendipity du guitariste Olivier Benoît.

Serendipity. Quel étrange terme : mélange de sérénité et de passion antique, prédiction enfumée d’une Pythie au langage onirique, il sonne comme un bouquet composite. Et de fait, l’ouverture du solo d’Olivier Benoît est double : à un arrière-fond horizontal et saturé s’ajoute le travail du grain de l’instrument. Mais quel instrument ? La guitare !

Elle est méconnaissable, et pour cause : à la suite de la musique improvisée, Olivier Benoît aurait pu dire, avec le compositeur contemporain Fausto Romitelli, qu’il ne s’agit pas de composer avec les sons, mais de composer les sons. Comme les Préhistoire(s) d’Edward Perraud ou La Longue marche de Benjamin de La Fuente, Olivier Benoît détourne son objet premier pour aller chercher des sonorités jusque-là inconnues, et faire des découvertes inouïes — Serendipity, n. m. : heureux hasard, belle trouvaille.

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Dans la famille des big bands, je voudrais le Circum Grand Orchestra.

Le précédent disque du CGO, dirigé par le guitariste Olivier Benoît, accueillait Charlène Martin à la voix ; celui-ci, sorti en 2009, est entièrement instrumental, et indéniablement plus sexy.

C’est par trois morceaux en trois parties chacun que l’album s’ouvre : « Le Ravissement », lecture musicale du Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras, « Fatal Error » et « Provisoire », toutes compositions d’Olivier Benoît – deux seulement sont signées par d’autres plumes (Peter Orins, dr et Sébastien Baumont, g). L’écriture laisse place à cinq soufflants (Julien Favreuille, ts, Jean-Baptise Perez, as, Christophe Rocher, bcl, cl, Christophe Motury, tr, fl, et Christian Pruvost, tr), un piano (Stefan Orins), deux guitares, deux basses (Christophe Hache et Nicolas Mahieux) et deux batteries (Jean-Luc Landsweerdt) ! C’est une construction pour le moins monumentale, qui n’est pas sans évoquer un opéra rock, très construite, très rythmée, et qui forme un tout énergique et musclé. On remue la tête, les hanches, on admire les improvisateurs, lesquels distillent un brin de folie dans cette organisation irréprochable, et on remarque la complicité de cette grande famille – celle de Circum, le label.

Circum, c’est une bande de musiciens lillois aventureux qui donnent vie à de nombreux projets aussi hétéroclites que passionnants. Des grands orchestres comme le CGO ou La Pieuvre (dont on avait apprécié toute la théâtralité aux Instants chavirés il n’y a pas si longtemps), qui se sont d’ailleurs rejoints le temps de Feldspath, on passe à des formations plus modestes, comme Happy House ou le Quartet Base, sans oublier les solos (Christian Pruvost, Ipteravox) – groupes dont vous pouvez écouter des extraits sur leur site ou leur myspace.

Signalons ainsi le petit dernier, Désordres d’Arsis, avec Christian Pruvost à la trompette, Ivann Cruz à la guitare, Matthieu Millet à la contrebasse et Charles Duytschaever à la batterie, qui ressemblerait presque à du free rock. C’est une constante chez Circum : la musique y est très marquée par le rock, qu’elle soit structurée ou déstructurée. Du coup, ça envoie et… ça ravit.

N.B. : Christian Pruvost sera jeudi 17 juin à 18h30 en solo au Souffle continu, rue Gerbier dans le XIè arrondissement de Paris. Entrée libre.

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