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Posts Tagged ‘Médéric Collignon’

C’est une véritable expédition que le festival MIMI : Depuis le Vieux Port de Marseille, monter en bateau, de préférence à l’avant, attendre qu’il soit plein, admirer le château d’If, accoster sur l’île du Frioul, marcher une demi-heure au bord de la mer, s’interroger sur la nature des diverses « performances » qui jalonnent le chemin, et atteindre enfin l’ancien hôpital Caroline, situé sur une hauteur ; puis déambuler entre les stands associatifs – écologie, commerce équitable, productions régionales (le label Emouvance, les éditions Le Mot et le reste…), s’asseoir, souffler et regarder tandis que le soir tombe sur des ruines gréco-romaines, et que l’air se rafraîchit. D’antiques jeux vidéo sont disséminés sur tout le site par le collectif Geeksterz et parfois projetés sur grand écran ; dans un coin, Radio Grenouille (88.8), commente le tout pour les auditeurs locaux. Le concert était annoncé à huit heures, il est neuf heures et demie.

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Dans la série des séries, après les solo(s), voici les playlists, arbitraires, subjectives et partiales.

Le classique : Music from The Connection de Freddie Redd, avec notamment Jackie McLean. Du très bon hardbop du début des années 60 écrit pour la pièce de Jack Gelber, The Connection, qui a été mise en scène par le Living Theatre avec les mêmes musiciens dans leurs propres rôles. Un groupe de drogués attendent leur dealer dans un huis clos au rythme des improvisations. Communication difficile, réalité tronquée, ségrégation, homosexualité… le jazz prend le relais de la parole pour dire ce qu’elle échoue à dire. Coulées de piano bop, ambiances datées et savoureuses, une marche militaire… Jackie McLean, embauché par le Living alors qu’il était interdit de concert à cause de l’héroïne, se révèle aussi véloce et volubile que d’habitude.

Le world : Hadouk Trio, Baldamore. En cette fin d’année, idéal pour apaiser l’esprit. C’est un live qui mêle jazz et world music, polyrythmie et simplicité mélodique, Didier Malherbe (duduk, flutes, ocarina, soprano saxophone, khene), Loy Ehrlich (hajouj, kora, mbira, gumbass, keyboards), Steve Shehan (percussion, hang). Une musique qui fait entendre d’autres paysages, qui aère les neurones, bref qui fait du bien.

Le rien à voir, mais qu’est-ce que c’est bienNine Inch Nails, c’est Trent Reznor et une enfilade de musiciens passés là par hasard, au gré des albums et des tournées. The Fragile ce sont de longues plages planantes aux sonorités d’outre-tombe, très instrumentales – les rares apparitions de la voix (masculine) ne sont pas ce qu’il y a de mieux, entre hard rock et électro : rock industriel, propice à la transe. NIN est parti à la retraite pour le moment, mais Trent Reznor continue d’officier. C’est avec son nouveau groupe, How to Destroy Angels, qu’il a réalisé ce morceau :

Le nouveau-né déjanté : Negus, Jonkey Art Manifesto. Médéric Collignon (bugle, trompette, voix saturée), François Corneloup (saxophones), Sarah Murcia (contrebasse), Philippe Gleizes (batterie) + Satori (prophet 08, piano) = ça envoie. Une prise de délires cuivrés et électroniques qui joue avec la tradition comme avec les innovations.

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À l’heure de la dématérialisation de la culture, du téléchargement de masse et de la fragmentation des oeuvres, l’écrivain François Bon crée avec quelques autres (Fred Griot, Arnaud Maïsetti, Pierre Ménard) publie.net, « coopérative d’auteurs pour l’édition et la diffusion numériques de littérature contemporaine », où l’on lit du Jacques Roubaud comme du Leslie Kaplan, qui donne la possibilité de lire les textes gratuitement et/ou de les télécharger à un prix modeste, ou encore de s’abonner à la revue à l’année. S’engageant pour la modernité sans bien savoir où cela va le mener, il couche sur numérique ses pensées dans le tiers livre, dont certaines sont fortement empruntées de musique.

François Bon est connu pour être un des biographes de Bob Dylan et avoir écrit un ouvrage sur Led Zeppelin et un autre sur les Rolling Stones. Si le rock a le privilège de la librairie papier, c’est sur celle du net que l’on trouve des textes sur Vincent Segal, Médéric Collignon ou encore Sylvain Kassap. Toujours admiratif des phrases des musiciens, il prête à chacun d’eux ses mots avec justesse et passion. Je ne sais pas si la musique est un langage, mais avec François Bon, elle a un langage. Silencieux ou sonore. De sa collaboration avec Dominique Pifarély sur scène et sur disque est né Peur, avec François Corneloup, Eric Groleau et Thierry Balasse, un entrelacement de notes et de mots, apportés par l’écrivain.

Tout récemment, François Bon a publié un poème à la contrebasse, à travers celle de Jimmy Garrisson. Envoûtant.

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