Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Little Nemo’

Il est samedi, 15 heures. Entre le déjeuner et le goûter, les enfants descendent les escaliers de la Cité de la Musique vers l’amphithéâtre. En passant, ils regardent la fresque de noms qui recouvre un mur entier, seul reste de l’exposition sur Miles Davis qui a eu lieu l’année dernière : ce sont ceux des musiciens qui ont fait le jazz du XXème siècle. Certains sont accompagnés d’une signature ; la plus « vieille » est celle de René Urtreger. Ça piaille, ça piaille dans la salle. Mais dès que le noir se fait, le silence suit.

Sur la scène, deux pianos à queue se font face et s’emboîtent. Stephan Oliva et François Raulin s’y installent. Little Nemo est une de leurs nombreuses collaborations (voir not. article ci-dessous) : ils ont écrit une partition pour quelques planches choisies de la bande dessinée Little Nemo, Adventures in Slumberland, les tribulations fantastiques d’un petit garçon qui se soldent immanquablement par un réveil douloureux. Derrière eux se dresse un grand écran, devant eux apparaît le reste du Slumberland Band : Laurent Dehors (clarinettes), Christophe Monniot (saxophones) et Sébastien Boisseau (contrebasse). Sérieux, ils laissent néanmoins filtrer un léger sourire.

Pour les enfants, ce sera la version courte. Pendant un peu plus d’une heure défilent à l’écran les belles images de Little Nemo. Le petit garçon escalade un immeuble, rencontre une princesse, se fait enlever par un ogre, croise le chemin de toutes sortes de créatures aussi monstrueuses que rigolotes. Travaillées, les images bougent à présent. Une fanfare passe, une montgolfière vole. Chaque fois, on retient son souffle. Chaque fois, il se réveille. L’histoire est choisie, parfois répétitive, morcelée. Les personnages partent et reviennent, les objets donnent leur avis. La musique, elle, est merveilleuse.

Tandis que les coulées de piano donnent la cadence, les soufflants s’amusent. Laurent Dehors fait la voix des animaux, Christophe Monniot celle des humains. Ou l’inverse. Chaudes improvisations, échanges rapides, l’orchestre fait se mouvoir les images. Il faudrait pouvoir réécouter cette musique qui passe par toutes les humeurs. Inquiétante, joyeuse ou drôle, elle crée l’image comme l’image la crée.

Read Full Post »