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Posts Tagged ‘Bijan Chemirani’

« Le Silence de l’Exode relate la sortie d’Égypte et les longues années d’errance du peuple juif dans le désert du Sinaï : des milliers d’hommes dans un no man’s land, des dizaines d’années sans temps qui passe, des milliers de kilomètres parcourus comme sur place… »

© Framboise Esteban

Ça, c’est le pitch du site de Yom. Très concrètement, l’exode, c’est le trajet interminable vers le fin fond du XVIè arrondissement vers la synagogue Copernic en plein mois de novembre. Encore au-delà de la place de l’Etoile, il y a de la vie ; entre deux magasins Chanel et Prada, on trouve même un Monoprix. D’ailleurs, les prix y sont bien moindres que dans les supermarchés des quartiers populaires, un mystère qui reste à élucider. À la place Victor Hugo, tournez à droite, et vous voilà dans la file d’attente pour entrer dans la synagogue où jouent ce soir le clarinettiste Yom, dont on connaît déjà les talents, avec le programme Le Silence de l’Exode : Farid D. au violoncelle, Claude Tchamitchian à la contrebasse et Bijan Chemirani au zarb, daf et bendir, c’est-à-dire aux percussions iraniennes.

File d’attente, parce qu’entre la fouille à l’entrée et la panique des organisateurs, ça va pas vite. Une synagogue, ou l’endroit le moins adapté au monde pour accueillir un concert et le public profane qui va avec. On doit même ouvrir son manteau et montrer ce qu’il y a dessous au vigile, au cas où notre pull ne serait pas conforme : « Ah… pull à carreaux… désolé mademoiselle, ça va pas être possible. » Heureusement, j’avais un pull uni, et j’ai pu m’asseoir sur un banc en bois inconfortable dans le coin inférieur gauche de la salle. En clair : je ne voyais pas grand chose, et j’entendais mal. Symboliquement, l’endroit est formidable, mais en pratique ça va pas du tout. Toutes les parties solo de violoncelle par exemple m’ont échappées. Mais bon, j’ai quand même assisté au concert, et suffisamment tendu l’oreille pour percevoir l’émotion qu’il y a dans cette musique : cette mélancolie de l’exil que l’on retrouve dans nombre de musique, juives ou pas juives. Quelque chose qui traverse les rythmes lancinants de l’Orient comme les anciennes voix de blues ou le duduk arménien. On y est, dans le fil de l’Histoire, dans le souvenir et dans l’avenir, dans la mémoire des cellules. Celle de Yom est judaïque, d’autres sont noires ou tziganes, qu’importe. L’Iran et l’Arménie sont conviés sur le plateau pour créer un flux sonore dont le mouvement est un. Le klezmer de la clarinette se fond dans l’orientalisme des percussions. Et nous, on se laisse porter le long de cette route sonore.

* * *

– Un extrait (chiche) du concert sur Youtube.

– La vidéo de la création à la Dynamo de Banlieues Bleues (moins chiche).

– Des morceaux en écoute sur le site de Yom (pas chiches du tout).

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