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Posts Tagged ‘Benjamin de la Fuente’

Les couleurs du Caravage en musique électro-acoustique et progressive.

caravaggio2Le Triton était plein à craquer mercredi 6 février pour écouter Caravaggio, un groupe découvert au même endroit il y a quelques années. Les réserves de 2009 ne tiennent plus : plus question de froideur ni d’une cérébralité musicale encombrante. Au contraire, Benjamin de La Fuente (violon, guitare), Bruno Chevillon (basse), Samuel Sighicelli (orgue Hammond) et Eric Echampard (batterie) ont développé leur spectacle en même temps que leur son. Les morceaux joués ce soir ont été enregistrés par Gérard De Haro — également présent en tant qu’ingénieur du son et cinquième musicien pendant le concert — sur le label La Buissonne dans : Caravaggio #2. Sur la pochette, des habits de cosmonaute et d’ouvrier, étiquetés, attendent, suspendus entre le dernier moment où ils ont été portés et leur prochaine utilisation. De même, entre chaque concert, le groupe évolue et affine un peu plus son discours. Aujourd’hui, il est arrivé sur les terres d’un rock progressif propre, c’est-à-dire qui porte son attention à la matière sonore, et respire comme un organisme vivant pendant toute la performance. Le mariage de l’électro-acoustique et d’une filiation qui remonte à King Crimson et au Velvet Underground, c’est Caravaggio.

Pendant les inspirations de cet organisme vivant, de longues montées en puissance amplifiées électrisent les corps — il n’est que de voir l’enthousiasme du public —, l’improvisation du synthé et de la guitare reposant sur un sous-texte écrit, tandis que pendant ses expirations, on entre dans un univers franchement « Dark » (c’est le titre de l’un des morceaux), fait de cliquetis métalliques jetés ça et là dans un silence construit. Chacun des musiciens travaille son propre son en temps réel avec des pads et d’autres machines — il vaut mieux être sensible aux sonorités électroniques pour apprécier un tel concert, et avoir une certaine tendresse pour le synthé — et porte avec lui le bagage d’une vie : improvisation, jazz, musique contemporaine, groove (merveilleux Bruno Chevillon à la basse électrique !) … Tout cela est digéré par le ventre omnipotent de l’animal Caravaggio.

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Septième solo(s) et cinquième Soliloque, La longue marche du violoniste Benjamin de la Fuente.

Classé dans le rayon musique contemporaine chez certains disquaires, le solo du violoniste Benjamin de la Fuente pourrait aussi bien se trouver au rayon improvisation. Les 9 pièces qui le composent sont des improvisations très travaillées en post- production et mâtinées d’électronique et de divers effets électroacoustiques, à tel point que l’on ne reconnaît pas toujours le son de l’instrument.

« L’électro, dans ce disque, me permet juste de « sortir » du violon, mais très légèrement, d’apporter une dimension poétique, basculer vers la situation acousmatique. C’est intéressant parce que c’est un disque de violon, on connaît l’instrument, et puis tout à coup on glisse et modifie notre écoute. Je m’en sers toujours finalement pour renouveler l’écoute, rafraîchir la perception, sortir du cadre. »

Benjamin de la Fuente vient du monde de la musique contemporaine et a mis depuis peu un pied dans celui de l’improvisation, aux côtés de musiciens tels que Bruno Chevillon ou Eric Echampard dans le groupe Caravaggio : La longue marche raconte le chemin parcouru  et en fait la synthèse. À l’image du dernier morceau, « Got Rid Of The Shackles », qui veut dire « se libérer des chaînes », il s’agit d’aller ailleurs et de se libérer des catégories pour ne créer que ce que l’on a envie d’entendre.

Playlist de l’émission : « Got Rid Of The Shackles ». En écoute ici (29 avril) et en podcast . Mensuelle, elle est diffusée le vendredi entre 20h et 21h, insérée dans le corps de Jazz à part de Pierre Lemarchand, émission d’une heure sur l’actualité des musiques improvisées, sur Radio HDR à Rouen et Principe actif à Evreux.

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